Pour MSF, les actions suivantes sont essentielles pour le succès de la réponse au VIH en Afrique de l’Ouest et centrale.

Mettre en œuvre la recommandation “Traiter tout le monde” dans les 25 pays de la région:

depuis 2015, l’OMS a recommandé que toute personne diagnostiquée  avec le VIH commence immédiatement la thérapie antirétrovirale (TAR), une approche appelée « Traiter tout le monde ». Pourtant, aujourd’hui, seulement 7 pays sur 25 en Afrique de l’Ouest et centrale ont mis en œuvre cette recommandation, comparé à la majorité des pays de l’Afrique Australe et de l’Est, où “Traiter tout le monde” est maintenant une politique nationale. La mise sous TAR précoce réduit la transmission du VIH et améliore les résultats du traitement.

Adopter les modèles différenciés des soins comme politique nationale:

pilotés par des groupes communautaires et des ONG, dont MSF en Afrique Australe depuis début 2000, les modèles de soins différenciés sont une manière efficace de gérer un nombre croissant de personnes sous TAR tout au long de leur vie, de manière adaptée aux conditions locales. Ces modèles incluent des prescriptions de TAR de 3 à 6 mois, la distribution de traitements antirétroviraux à travers des groupes de patients et l’espacement des rendez-vous pour les visites cliniques afin de réduire le temps de transport. Cependant, les gouvernements nationaux doivent favoriser ces modèles en adoptant des politiques nationales qui soutiennent la décentralisation et la délégation des tâches permettant aux infirmiers et aux conseillers de prester des services spécifiques du VIH, de sorte que les  médecins ne soient pas les seuls acteurs des dispositifs de soins.

HIV response
Tommy Trenchard

Appliquer la gratuité stricte de tous les aspects de la prise en charge du VIH et de la tuberculose pour les personnes vivant avec le VIH

une des principales barrières à l’accès aux soins VIH est la multitude des frais de soins auxquels les personnes vivant avec le VIH doivent faire face : les frais de consultation, des examens de laboratoire, les médicaments contre les infections opportunistes et les frais d’hospitalisation. Ceci signifie que les personnes renoncent au traitement et attendent jusqu’à ce qu’ils deviennent très malades avant de se faire soigner.

Améliorer les chaines d’approvisionnement nationales

des programmes VIH efficaces ont besoin d’une logistique solide pour fournir régulièrement des traitements à vie pour les personnes. En Afrique de l’Ouest et centrale, des systèmes d’approvisionnement inadéquats empêchent souvent l’arrivée des médicaments jusqu’au point de distribution. Un système d’approvisionnement efficace signifie éviter des stocks réduits et des ruptures de stocks de médicaments et inclue également un système de suivi  et de réponse rapide quand survient une difficulté.

Impliquer activement la société civile et les associations de personnes vivant avec le VIH.

Ces groupes ont un rôle capital à jouer dans la prestation de services du VIH, par exemple le dépistage, le conseil des personnes et le soutien à l’observance, dans les structures de santé et dans la communauté. Ce sont des acteurs clés dans le plaidoyer, dans la lutte contre la stigmatisation et en tant qu’agents indépendants pour le suivi des services. 

Coupler engagements nationaux et financements internationaux ​

avec la volonté des gouvernements d’Afrique de l’Ouest et centrale de tripler l’accès aux TAR d’ici 2020, les financements devront aussi augmenter pour soutenir l’accélération de la réponse. Pour la majorité des pays de la région qui sont des pays à faible revenu, compter seulement sur  des financements nationaux pour assurer la mise à l’échelle de l’accès aux traitements est irréaliste.  Les contributions financières des bailleurs de fonds doivent correspondre à leurs engagements politiques et s’intensifier pour soutenir l’Afrique de l’Ouest et centrale, à travers de l’assistance technique et des moyens financiers adéquats.